L’immobilier en 2020 : une année de grands changements ?

L’ Île-des-Sœurs, 24 avril 2020, En marge de la pandémie COVID 19, l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) présente aujourd’hui ses prévisions pour le développement du marché immobilier québécois d’ici fin 2020 et 2021.

Début 2020 : des chiffres au sommet, portés par la dynamique de 2019

Le marché immobilier québécois semblait lancé à pleine vitesse pour battre de nouveaux records. Selon les scénarios envisagés par l’APCIQ pour cette première année, la barre symbolique des 100 000 ventes devait être franchie, dépassant ainsi le précédent record de 97 000 transactions. Les premiers mois ont suivi ce tempo : environ 28 000 transactions ont été signées au premier trimestre, soit une progression de 18 % par rapport à 2019 à la même période.

Charles Brant, directeur de l’analyse des marchés à l’APCIQ, précise : « Cette performance n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans une période de baisse continue des inscriptions dans des secteurs clés du Québec, notamment à Montréal et à Gatineau. Les conditions favorisaient clairement les vendeurs, avec un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande. Et la chute du taux directeur de 150 points de base aurait pu soutenir l’activité en mars. »

Le choc de la crise sanitaire : le marché stoppé net

Tout a basculé à la mi-mars. L’impact économique des mesures sanitaires s’est fait sentir sans délai. Effondrement de l’activité, pertes d’emplois massives, incertitude face au COVID-19 : personne ne pouvait prédire la tournure exacte des événements. Comme le souligne l’équipe de l’APCIQ, la trajectoire du marché dépendra aussi de l’évolution de la pandémie, des éventuelles découvertes médicales et surtout des choix des autorités publiques dans les prochains mois.

Malgré ces zones d’ombre, quelques repères solides subsistent pour anticiper la suite. L’APCIQ s’appuie sur deux scénarios : une perspective de base relativement optimiste, et une vision plus sombre en cas de rebond épidémique ou de reprise économique trop lente.

Prévisions 2020-2021 : des conditions favorables pour ceux qui sauront attendre

Ce printemps, la paralysie de l’économie et le coup d’arrêt imposé à la profession immobilière se traduiront par une chute historique : le deuxième trimestre pourrait afficher près de 60 % de ventes en moins par rapport à l’an dernier. Cette dégringolade s’accompagnera d’une baisse équivalente des nouvelles inscriptions, la prudence des vendeurs poussant beaucoup de biens hors du marché. Résultat : une stabilité des prix attendue pour cette période, portée par ce « gel » du marché.

La réouverture partielle et progressive des activités économiques révélera alors l’ampleur réelle des dommages. Si la reprise tarde, la relance du marché sera plus timide, comme l’envisage le scénario pessimiste.

Suivant le scénario de base, la reprise devrait s’opérer dans un contexte difficile. Plusieurs institutions financières prévoient un taux de chômage dépassant 10 % au Québec au printemps. Les ménages et secteurs les plus fragiles seront les premiers touchés : pour beaucoup, l’espoir d’acheter un logement devra être remis à plus tard.

Charles Brant l’affirme : « Une part importante des primo-accédants affectés par la crise, malgré des mesures gouvernementales exceptionnelles, devront repousser leur projet d’achat, ou différer leur première transaction immobilière, surtout dans les secteurs où les prix sont les plus élevés et les emplois les plus exposés. Cette situation pourrait accentuer les tensions sur le marché locatif. À la fin des reports de paiement hypothécaire accordés en période de crise, on pourrait aussi observer une hausse temporaire des nouvelles inscriptions. »

À retenir sur la situation du marché :

  • Le marché de la revente au Québec dispose d’une capacité d’absorption qui limite les risques de chute brutale.
  • Le ralentissement actuel va geler bon nombre de projets d’achat, surtout dans les zones où les prix flambent.
  • Sur la durée, l’activité devrait repartir. Mais la cadence de la reprise dépendra des séquelles économiques, même avec le soutien public.

Le décalage des achats imposé par le printemps pourrait provoquer un regain d’activité, mais il ne comblera qu’en partie la hausse de l’offre. Les profils d’acheteurs capables de se positionner rapidement seront sans doute plus aguerris et épargnés financièrement, profitant de conditions d’emprunt avantageuses. Pourtant, leurs attentes pourraient différer des biens mis en vente après la crise.

Charles Brant poursuit : « D’ici l’automne, le marché québécois pourrait retrouver un certain équilibre. Durant la seconde moitié de l’année, une légère baisse des prix médians est attendue dans plusieurs secteurs, ouvrant des fenêtres d’opportunité pour certains acheteurs. Sur l’année complète, on s’attend à un recul des ventes de 22 % par rapport au record de 2019, et à une diminution des prix médians de 2 à 4 %, selon les segments. »

À la faveur de la réouverture économique et d’une baisse progressive des inscriptions, le rapport de force pourrait basculer de nouveau vers les vendeurs en fin d’année. La vraie reprise, elle, s’annonce pour 2021 : le volume des transactions devrait bondir d’environ 25 % par rapport à 2020, avec une progression des prix de 6 à 10 % selon les catégories de biens à l’échelle du Québec. Pour autant, le niveau d’activité ne retrouvera pas celui de l’année 2019. Reste un facteur d’incertitude : de potentielles nouvelles vagues épidémiques, ou la découverte tardive de solutions médicales, pourraient encore tout remettre en question, comme le rappelle Charles Brant.

L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec : qui sont-ils ?

L’APCIQ regroupe plus de 13 000 courtiers et agences immobilières au Québec. Cette association à but non lucratif porte la voix de la profession, défend ses intérêts et s’attache à refléter la diversité des réalités régionales de ses membres. Elle intervient sur de nombreux enjeux immobiliers, des mesures d’accès à la propriété à la formation continue, en passant par la publication de statistiques sur le marché résidentiel. Basée à Québec, avec des bureaux à Montréal, l’APCIQ chapeaute aussi la Société Centris inc. et le Collège de l’Immobilier du Québec. Leur actualité est accessible sur apciq.ca ou via leurs réseaux sociaux Facebook, LinkedIn, Twitter et Instagram.

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