Éric Navet signe un retour remarqué sur les pistes équestres

Recordman des victoires dans le championnat de France, champion du monde et d’Europe dans les années 90, l’ancien numéro un du saut d’obstacles écrit un nouvel acte sur la scène équine américaine.

Depuis bientôt trois décennies à l’étranger, Éric Navet, enfant de Normandie, s’apprête à retrouver l’ambiance électrique d’une grande finale internationale. Lui qui s’était éloigné des épreuves majeures, s’est installé à San Diego il y a quatre ans pour entraîner le jeune Karl Cook, 26 ans, aujourd’hui à ses côtés sur la route d’Omaha. Ce retour sous les projecteurs n’était pas programmé : la qualification s’est arrachée étape après étape, presque par inadvertance, à force d’accumuler les concours aux côtés de son élève. Avec eux, trois autres Français sont attendus sur la même piste : Olivier Robert, Simon Delestre et Kevin Staut, champion olympique par équipes.

Éric Navet, la compétition en filigrane

Pour retrouver la trace de Navet à un tel niveau, il faut remonter à 1992. À la base, il souhaitait accompagner Karl Cook, focalisé sur sa qualification personnelle pour la finale. Mais au fil de la saison américaine, la surprise s’est glissée dans le palmarès : élève et coach ont décroché le ticket, ensemble, sans calculs ni plan préalable. Sa motivation n’avait rien d’une revanche face aux jeunes talents : il cherchait surtout le plaisir de renouer avec les sensations familières de la piste, libéré de toute pression.

À Omaha, Navet espère d’abord que Karl engrange de l’expérience au contact du niveau mondial. Quant à lui, il mise sur l’intensité du moment, la saveur de l’adrénaline, et le bonheur simple de retrouver en selle d’autres passionnés de toutes générations confondues. L’émotion est palpable : revoir des lieux, croiser des regards connus ou inconnus, l’impression d’ouvrir à nouveau une porte sur son parcours passé.

Un nom qui a marqué toute une génération

Dans les années 90, les exploits de Navet faisaient vibrer les amateurs d’équitation. Parmi eux, Kevin Staut, aujourd’hui huitième au classement mondial, observait ses sauts avec des yeux d’enfant : il avait dix ans lors du sacre mondial du Normand en 1990. Pour beaucoup, Navet représente bien davantage qu’un champion : il incarne une référence, un visage familier resté gravé dans la mémoire collective du saut d’obstacles. Sa notoriété dépasse la collection de titres : il inspire respect et reconnaissance à toutes les générations de cavaliers.

Objectif Europe ? Rien n’est écrit

Chaque détail du quotidien de Karl Cook fait partie du travail pour Éric Navet, qui n’hésite pas à l’accompagner jusque dans la logistique, allant parfois jusqu’à porter la malle equitation de son élève. L’ambiance reste détendue, mais la rigueur de l’entraînement ne faiblit jamais : le but, tirer le meilleur de Karl sur le sol américain. Un retour sur le circuit européen ne fait pas partie des plans immédiats du duo, qui rêve d’autres parcours outre-Atlantique, avec l’idée de s’essayer bientôt sur la Côte Est. Néanmoins, les portes restent ouvertes : l’avenir n’exclut rien.

L’idée de revoir Éric Navet en selle sur le sol français n’a cependant pas disparu. Il envisage un retour ponctuel pour quelques compétitions de haut vol, accompagné de Karl, pourquoi pas dès 2018. Cette année-là, la finale de la Coupe du monde indoor doit se jouer à Bercy, une opportunité qui résonnerait comme un défi à la hauteur de son parcours. Le public aura-t-il la chance d’apercevoir la silhouette de Navet franchissant, imperturbable, les barres les plus techniques ? Tant que la piste appelle, son histoire continue de s’écrire, passion intacte et rênes bien en main.