Il y a des mots qui intriguent, qui inquiètent parfois, et “holding” fait partie de ceux-là. Ce terme, de plus en plus présent dès qu’on s’intéresse un peu sérieusement à la gestion d’actifs, à l’immobilier ou à la création de patrimoine, porte tout un imaginaire. D’un côté, il impressionne, car il évoque des structures de groupes, des arcanes fiscales, des montages réservés à une élite d’initiés. De l’autre, il fascine : on y voit la promesse d’une meilleure gestion, d’une fiscalité optimisée, de perspectives de développement. Mais pourquoi, concrètement, choisir de créer une holding et dans quelles circonstances ce choix fait sens ?
Quel est le but d’une société holding ?
On parle de “holding” lorsqu’une société détient des parts ou des actions d’autres sociétés. Ce terme désigne une fonction, pas une forme juridique : la holding peut prendre la forme d’une EURL, d’une SARL, d’une SASU, d’une SAS, ou encore d’une SCI. La logique de la holding repose sur plusieurs objectifs :
- Structurer et organiser la détention de titres
- Faciliter la transmission ou la gestion de vos participations
- Mettre en place une optimisation fiscale, notamment sur les dividendes
- Réinvestir les bénéfices en s’appuyant sur la capacité de pilotage du groupe
Notre conseil en gestion d’entreprise : pourquoi créer une holding pour le rachat d’une société ?
Lorsqu’on envisage de reprendre une entreprise, il s’agit souvent de racheter des parts ou actions à des associés ou actionnaires historiques. Deux voies s’offrent alors à vous : racheter en direct à titre personnel, ou bien passer par une holding. Cette seconde option présente plusieurs atouts non négligeables. Voici trois arguments concrets qui la rendent attrayante :
- L’emprunt est contracté par la holding, ce qui évite d’endosser une dette personnelle
- Les intérêts de l’emprunt peuvent être déduits du résultat fiscal de la holding
- Vous pouvez profiter du régime fiscal “mère-fille”, particulièrement avantageux pour la distribution de dividendes entre sociétés
Comment sortir de l’argent d’une holding ?
La holding n’est pas seulement un outil de gestion et de développement de patrimoine : c’est aussi un levier pour organiser la perception de revenus. Si l’on souhaite retirer une partie des bénéfices à titre personnel, sans tout réinjecter dans les filiales, la démarche est simple : faire remonter les dividendes jusqu’à la holding, puis les distribuer à l’actionnaire personne physique. Dans ce cas de figure, la fiscalité applicable reste la flat tax à 30 %. C’est clair, transparent, et cela permet de bénéficier d’un cadre réglementaire sécurisé.
En somme, manier une holding, c’est accepter de jouer sur plusieurs tableaux : structuration, transmission, fiscalité, réinvestissement. Le choix n’est pas réservé à une poignée de grandes fortunes, il s’avère pertinent pour tout entrepreneur ou investisseur désireux d’orchestrer sa croissance. Ceux qui savent tirer parti des règles comprennent vite que la holding n’est ni une fin en soi, ni un mirage réservé à d’autres. C’est un outil, puissant, à manier avec discernement. À chacun d’en faire le levier d’une stratégie taillée sur mesure, loin des fantasmes et des raccourcis faciles.

